L'HISTROIRE DU CLUB à TRAVERS LES AGES
Histoire du club
L'ancêtre du club de golf ressemblait à une longue canne, sans doute taillée dans une branche de noisetier, ou dans tout autre arbre à racine bulbeuse. Les historiens supposent qu'il fut à l'origine utilisé pour frapper dans des marrons, des glands ou des pommes de pin, plutôt que dans des cailloux, ce qui aurait risqué de blesser les mains ou d'abîmer le bâton. Quelles que soient ces origines, le club de golf ressemblait beaucoup aux battes utilisées pour le hockey qui se pratiquait aux Pays-Bas sur les rivières et canaux gelés. Ces dernières étaient composées d'une tête recourbée et d'un manche muni d'une poignée.
 On pense que les premiers clubs furent façonnés par des navigateurs écossais, qui s'adonnaient au golf à leur retour de campagne en Mer du Nord. Ils utilisaient alors une balle en bois ou en cuir rembourrée, fabriquée par des artisans. Le fait que les premiers fabricants de clubs résidaient sur la côte Est, dans ce que l'on appelait les comtés d'East Lothian et de Middlothian, de Fife, d'Angus, de Kincardine et d'Aberdeen, conforte l'idée selon laquelle le golf, tel qu'on le pratique aujourd'hui, naquit en Ecosse.La fabrication des clubs est restée pendant très longtemps un travail de spécialiste. On sait qu’en 1603, un certain William Mayne, fabricant d’arcs de son état , fut choisi par le roi James VI d’Ecosse (James 1er d’Angleterre) pour fabriquer ses clubs. A cette époque, le manche des clubs était fait de frêne ou de coudrier, la tête étant en épine noire, en hêtre, en pommier ou en poirier. Le lie des clubs était beaucoup plus plat, et leur tête plus allongée que sur les clubs actuels : environ 2,5 cm de l’avant à l’arrière, avec une tête longue de 10 à 12 centimètres.
La plupart des clubs étaient en bois, dotés de noms assez originaux, comme playclub, brassie, grassed driver, long spoon (longue cuiller), short spoon (cuiller courte) et bathie, qui impliquaient une relation personnelle entre le club et le joueur. Les fers, en revanche, étaient réservés aux coups joués dans des endroits particulièrement difficiles, c’est pourquoi on les appelait fer de bunker, fer d’ornière, fer de sillon, etc. Au fil des années, on commença à utiliser davantage les fers, non seulement pour les recoveries, mais aussi pour les approches en général. A la fin du siècle dernier, de nouveaux clubs avaient été créés pour jouer des coups plus longs : le fer moyen, le cleek, le niblick et le mashie, par exemple
Le Royal & Ancient de St Andrews abrite l'une des plus belles et des plus importantes collections de clubs anciens qui pourraient encore être utilisés de nos jours. Ces objets étant rarement exposés, seules des reproductions nous permettent de mieux les connaître. La grande majorité d'entre eux sont en bois, bien que depuis quelques années des modèles en métal soient apparus sur le marché, à la plus grande joie des collectionneurs prêts à investir des sommes colossales lors de ventes aux enchères.
Les premiers bois se composaient - d'après les critères de classement actuels - d'une demi série de clubs comportant :
un playclub, bois long et mince à face verticale, équipé d'un manche de 106 à 114 cm, et d'un grip à poignée rembourrée. Le manche était fixé à la tête par une enture.
un grassed driver, dont la tête et le manche sont à peine plus courts que ceux du playclub. Légèrement ouvert, il permet de lever la balle par vent arrière et dans les bons lies sur le fairway.
un spoon long, moyen et court, qui sont des clubs à têtes longues dont la taille du manche est décroissante, tandis que l'ouverture de la face est croissante. Ils sont plus connus sous le nom de "scrapers". Le long spoon ayant un angle plus fermé, il servait fréquemment de driver.
un niblick, club à manche rigide avec un angle aigu et bien lesté. Il permettait de dégager les branchages ou mottes de terre, et de sortir la balle de l'herbe haute, du sable et des bunkers.
un putter, qui présente une tête plus petite que les drivers et les clubs de fairway, et qui est équipé d'un manche moyen ou long. Pour être un bon putter, le joueur devait équilibrer avec soin son club.
On pouvait y ajouter le driving putter peu différent du grassed driver et le baffing spoon, de même longueur que le spoon moyen mais avec une ouverture sensiblement différente. Ces sept clubs représentaient un bagage très lourd si l'on ne pouvait s'offrir les services d'un caddie, le porte-clubs et le sac n'ayant fait leur apparition que dans les années 1870.
A partir de 1948, le remplacement de la balle de plume par la balle de caoutchouc apporta une autre transformation au golf. Les joueurs se mirent à apprécier les manches de clubs en noyer, plus rigides que les précédents, en hêtre ou en coudrier. Le modèle des clubs évolua également, le manche étant désormais fixé dans un trou creusé dans la tête, alors qu’auparavant ces deux parties étaient reliées par une épissure. L’arrivée de la balle de caoutchouc dur à la fin du XIXème siècle avait déjà provoqué un autre changement. Cette balle nécessitait l’utilisation d’un bois plus dur pour la fabrication des clubs si l’on voulait qu’ils soient assez résistants; on recourut donc au persimmon. A l’origine, on n’insérait rien dans les bois, mais on commença peu à peu à y introduire de l’os, de l’ivoire et, plus tard, du plastique, afin d’améliorer leur résistance.
Le persimmon demeure le plus prisé de tous les bois pour les golfeurs professionnels ou passionnés. Mais, pour la plupart des joueurs, les laminés et autres matériaux similaires permettent aujourd’hui de fabriquer d’excellents clubs. Le manche des clubs était également en noyer pendant une certaine période. Toutefois, à la suite d’un manque de ce bois après la première Guerre mondiale, les fabricants commencèrent à expérimenter des manches d’acier.
Avec l'arrivée de la balle en gutta-percha en 1848, la demande pour les clubs à tête métallique s'accrut considérablement. Une seconde génération de clubs à tête en métal, essentiellement les cleeks et les fers, remplacèrent bientôt certains bois. On trouvait notamment le driving cleek, le cleek long et court, le cleek ouvert, le mashie cleek et le putting cleek. Le club dont se servait les joueurs pour driver était façonné avec une lame à face verticale, lisse et étroite, et muni d'un manche solide et souple. Les autres modèles, à longueur de manche décroissante et ouverture de face croissante, présentait un lie plus droit sur des clubs plus courts.
Si l'équipement tendait à se standardiser, de nombreux brevets fantaisistes furent déposés, quelques-uns étant pour le moins anodins. Partout ces créations, on peut notamment citer les têtes équipées de roulettes, à ressort ou remplies de liquide. Si certaines de ces innovations furent commercialisées, leur succès fut en revanche de courte durée. En 1894, un membre de la famille Dunn conçut un club constitué d'une tête et d'un manche taillés dans une seule pièce de bois, le tout étant mis en forme à la vapeur. Forgan imagina un club similaire, et sans aucun doute ces brevets étaient-ils exploitables mais leur coût excessif empêcha toute commercialisation.
Au fil des ans, les fers jouèrent un rôle de plus en plus important. Ils permettaient d'effectuer des coups plus précis et de contrôler distance et trajectoire de la balle. Dans les années 1700, seuls quelques fers assez lourds remplacèrent les bois long-nez, utilisés pour sortir les balles en plume des profonds bunkers. Les fers ouverts à bout carré et face concave, ainsi que les track irons, figurent parmi les premiers clubs utilisés sur les links de sable et les rivages de galets. Le joueur devait manier cet équipement avec beaucoup de précaution, car un coup manqué risquait d'endommager gravement la balle.
Dès le début, les fabricants de fers furent appelés fabricants de "cleeks". Ces artisans, équipés de tenailles, de marteaux lourds et légers, d'une forge et d'une enclume, assemblaient deux morceaux de fer plats et malléables, en façonnant, fondant et limant une emboîture frontale taillée en pointe, prête à recevoir un manche en bois. Le club était ensuite équipé d'un manche muni d'un grip en cuir rembourré assez épais.
Cette diversité de types de club résulte des tentatives répétées de fabricants désireux de créer et de commercialiser une ligne élégante et profilée. Les clubs apparurent selon un ordre bien précis : les cleeks tout d'abord, puis les fers et enfin les mashies, chacun se faisant concurrence pour devenir l'équipement incontournable du golfeur. L'angle d'ouverture des clubs était le même pour chaque catégorie, seules la longueur et l'épaisseur de la lame pouvant varier.
Dès les années 1930, les golfeurs utilisaient tant de clubs que les caddies peinaient sous le poids des sacs, qui pouvaient contenir jusqu’à 25 clubs. C’est alors que le Royal and Ancient Golf Club et la Fédération américaine s’accordèrent sur un nombre maximal de 14 clubs par joueur, et cette limite demeure valable aujourd’hui.
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